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l’ASV demande à l’Office fédéral de la santé publique de modifier ses directives alimentaires


Nous, les végétariens, savons depuis longtemps que notre alimentation, pour peu que nous y consacrions un minimum d’attention, est bénéfique pour la santé. Il n’en va pas de même des autorités qui, sous la pression des intérêts économiques rechignent d’abord à reconnaître les dangers posés par la consommation de produits carnés. Et surtout elles ne reconnaissent pas que l’alimentation végétarienne répond aux critères d’une alimentation saine. Les directives alimentaires émises par l’Office fédéral de la santé publique ne disent en effet rien à ce sujet. Pour nous cela pose de nombreux problèmes. Par exemple, face aux responsables de restaurants scolaires ou autres cantines publiques, il nous est difficile d’argumenter en faveur de plats végétariens, parce que l’alimentation végétarienne n’est pas approuvée officiellement. Il faut que cette situation change!
Vache folle, poisson à la dioxine, porc aux antibiotiques: il est temps d’encourager le végétarisme ! Après les récents scandales de l’industrie des produits animaux , dont le plus récent est la révélation au grand public que les poissons de mer et d’élevage contenaient des doses élevées de dioxine, nous avons décidé de lancer une campagne pour promouvoir le végétarisme dans les directives officielles.

Voici le texte de la lettre que l’ASV a envoyée en janvier 2001 au Dr. Thomas Zeltner, directeur de l’Office fédéral de la santé publique, présentant nos revendications.


Recommandations alimentaires officielles: des modifications s’imposent


Monsieur le Directeur,
La préservation de la santé de la population est l’une des motivations de notre engagement pour le végétarisme. Comme vous le savez, les révélations inquiétantes concernant les produits alimentaires d’origine animale se succèdent à un rythme soutenu ces dernières années et particulièrement ces derniers mois. Cela concerne non seulement la viande, mais également le poisson. A la lumière de ces faits reconnus scientifiquement et officiellement, nous nous permettons de vous adresser quelques commentaires et suggestions à propos des recommandations alimentaires de votre Office. Conscients de l’importance des directives alimentaires officielles (« Recommandations pour une alimentation saine », OFSP état août 2000) qui constituent une référence, notamment pour les établissements publics (cuisines scolaires, cantines etc.), nous estimons que certains points de vos recommandations devraient être modifiés au plus vite dans l’intérêt de la santé de la population.

1. Le poisson

Notre principal désaccord au sujet de vos recommandations alimentaires porte sur la consommation de poisson. Vous encouragez la population à en manger le plus souvent possible (« …le poisson, par contre [par opposition à la viande], devrait avoir une place de choix dans l’alimentation saine étant donné sa qualité et sa teneur en graisses de valeur »).
Notre association a toujours dénoncé les effets négatifs pour la santé de la consommation de poisson (comme dans le Vegi-Info 3/1998 ci-joint contenant l’article « Les poissons, la souffrance oubliée »). Durant longtemps, le monde scientifique officiel n’a pas dévoilé au grand public que la consommation de poisson, tout comme celle de la viande, peut se révéler nocive pour la santé des personnes qui en consomment, car la chair et la graisse des animaux concentrent les toxines. Le dernier rapport du Comité scientifique pour l’alimentation de l’Union Européenne publié fin 2000 vient de mettre fin à cette lacune. L’article publié dans la Liberté/Le Courrier de Genève du 15.01.01 « Dioxines : et voilà le poisson fou » relève les conclusions alarmantes de ce rapport : «… On savait le lait, les œufs, poulets, cochons et autres bœufs contaminés – à des degrés divers et suivant les régions – par la dioxine et son « cousin » chimique le Polychlorobiphényle (PCB). Le poisson, disons qu’on s’en doutait depuis la parution, ces dernières années, de rapports alarmants sur les perturbations hormonales des carpes des lacs d’Amérique du Nord, des cabillauds et des saumons – ceux de la mer Baltique, aussi bien que leurs cousins élevés (intensivement) en Ecosse. On s’en doutait, mais pas à une telle échelle. 10 fois plus de dioxine dans les poissons que dans les produits de « référence », le lait et les œufs et…trente fois plus de PCB que les normes admises ! Ces chiffres concernent tant les poissons sauvages que les poissons d’élevage d’eau douce… ».
Les pays de l’Union européenne ne sont pas les seuls à tirer la sonnette d’alarme concernant les risques liés à la consommation de poisson. Le même jour la presse révèle que l’Agence fédérale américaine pour l’alimentation et les médicaments (FDA) vient d’édicter une directive déconseillant aux femmes enceintes de consommer « …du requin, de l’espadon et du doré… » à cause de la teneur en mercure de ces poissons qui peut entraîner des anomalies congénitales du système nerveux central, dont 60’000 nouveaux-nés souffrent chaque année aux Etats-Unis (24 heures 15.01.01).
A la lumière de ces faits scientifiques constatés par des instances officielles, il apparaît évident que vos recommandations alimentaires contiennent des inexactitudes dangereuses pour la population. Elles devraient donc être réexaminées de toute urgence.

2. La viande

Concernant la viande, votre Office met en garde quant à sa surconsommation. C’est peut-être un progrès par rapport à il y a une vingtaine d’années où la viande était conseillée comme aliment de base. Mais à notre avis cela est insuffisant. Il nous semble que, étant donné les faits particulièrement graves révélés au grand public sur l’industrie de la viande et sur les risques pour la santé de la consommation de ce produit (risques de transmission de l’ESB à l’être humain, contamination de la viande par la dioxine, les antibiotiques et autres toxines etc.), il serait préférable de ne pas affirmer que « …la viande est (…) un aliment de grande valeur… ». Il serait par contre approprié de signaler que les protéines végétales sont de très bonne qualité. Et qu’avec les protéines végétales, la population ne devrait pas craindre de carence en protéines car il suffit d’appliquer des principes simples de nutrition et de varier suffisamment son alimentation, ce que vous préconisez déjà, pour couvrir ses besoins.

3. Alimentation végétarienne

Vos directives ne contiennent aucune mention positive concernant l’alimentation végétarienne. Au contraire, vous insistez que « …Les aliments d’origine végétale doivent être complétés, en quantité raisonnable, par des aliments d’origine animale… », concluant donc que l’alimentation végétarienne ne répond pas aux critères pour une alimentation saine, ce qui, vous en conviendrez, ne correspond pas à la réalité. Actuellement et particulièrement suite aux scandales liés à l’industrie de la viande, et maintenant à celle du poisson, l’alimentation végétarienne devrait être encouragée.
Nous attirons votre attention sur le fait que les directives d’autres pays, comme les Etats-Unis, pourtant traditionnellement axés sur la consommation de viande, reconnaissent l’alimentation végétarienne comme étant une manière saine de se nourrir. Ci-joint la partie des directives alimentaires américaines publiées en 2000 qui mentionne plusieurs sources végétales de protéines : le tofu, les haricots, le soyaburger, les pois chiches, les lentilles, le beurre de cacahuètes. En outre, pour le calcium, les Américains indiquent également des sources végétales très intéressantes.

En conclusion, nous espérons donc vivement que dans l’intérêt de la santé de la population, vous modifierez vos recommandations alimentaires en révisant votre avis sur la consommation de poisson et en reconnaissant qu’une alimentation végétarienne équilibrée répond aux critères d’une nutrition saine. Nous nous tenons à votre disposition pour toute collaboration.

Dans l’attente de votre réponse et en vous remerciant pour votre attention, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Directeur, nos salutations distinguées.

Christina Maier, Liaison ASV, Suisse Romande

Renato Pichler, Président de l’ASV


Pour appuyer cette demande, nous avons besoin de votre collaboration.
Nous vous remercions d'imprimer la lettre ci-dessous (ci-jointe en format pdf), de la signer et de la dater en indiquant votre adresse et de la glisser dans une enveloppe adressée au directeur de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), le Dr. Thomas Zeltner.

letter HTML - letter PDF - letter RTF


L'Office fédéral de la santé publique:
Alimentation et protection des consommateurs

Recommandations pour une alimentation saine (PDF-File)

USDA Dietary Guidelines Advisory Committee:
Dietary Guidelines for Americans (PDF-File)

National Fish and Wildlife Contamination Program (EPA / USA)

Factsheet about Dioxins from the World Health Organisation (WHO) / Organisation mondiale de la santé

Remarks by David Byrne, European Commissioner for Health and Consumer Protection to the European Parliament - Committee on Fisheries, Tuesday, 28th November 2000: "Fish oil and fish meal are the most heavily contaminated feed materials."

Les poissons, la souffrance oubliée (Vegi-Info 1998/3f)
De l’huile de poisson, l’acide gras Oméga-3 (Vegi-Info 1998/4f)

publie dans le Vegi-Info 2001/1f

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